Santé, réseaux sociaux et contenus ordinaires :
les mécanismes de la toxicité invisible
Comment les algorithmes transforment des contenus ordinaires en parcours à risque pour la santé des 15-24 ans
Pendant des années, le débat public sur les réseaux sociaux s’est concentré sur ce qui choque : la haine en ligne, le cyberharcèlement, la désinformation, l’âge d’accès des plus jeunes. Ces combats sont légitimes. Mais ils laissent dans l’ombre un risque plus diffus, et sans doute plus massif : celui des contenus ordinaires liés au corps, à l’alimentation, à la performance ou à la santé mentale, légaux et souvent bienveillants en apparence, qui deviennent dangereux par leur répétition et leur enchaînement. Il s’agit d’un angle mort du débat actuel.
Les réseaux sociaux ne sont plus de simples médias : ils sont devenus un milieu de vie à part entière, où se construit une part croissante des repères de la génération des 15-24 ans, sans que celle-ci en perçoive toujours l’influence réelle.
Pour explorer la toxicité invisible, la Fondation APRIL a déployé un dispositif inédit combinant cinq approches :
• Une revue de la littérature scientifique internationale, plus de quarante publications post-2020, pour cerner l’état de la recherche et ses angles morts ;
• Une ethnographie digitale au cœur des flux, sur TikTok, Instagram, Snapchat et YouTube, en se glissant dans la peau de profils types de jeunes affichant certains centres d’intérêt, pour observer les contenus que l’algorithme leur adresse en retour ;
• Le sondage Ifop auprès de 2 000 jeunes de 15 à 24 ans ;
• Des entretiens d’experts, psychiatres, sociologues, économistes et philosophes ;
• Des focus groups de jeunes.
C’est le croisement de ces cinq approches qui permet d’éclairer un phénomène encore largement sous-estimé, d’en mesurer les mécanismes et d’identifier de nouvelles pistes d’action en matière de prévention.
Une démarche, trois matériaux
En plongeant dans les flux numériques, la Fondation APRIL a repéré la mécanique de la toxicité invisible des contenus ordinaires et a souhaité partager ses observations dans son quatrième cahier expert. Pour en mesurer l’ampleur, elle a commandé un sondage à l’Ifop. Pour en décrypter la portée sociologique, elle s’est associée à la Fondation Jean-Jaurès.
Ressources complémentaires
Pour aller plus loin, découvrez les ressources complémentaires issues du projet : enquête d’ethnographie digitale, cartographie des trajectoires d’exposition et outils permettant de mieux comprendre les mécanismes de la toxicité invisible sur les réseaux sociaux.
Dossier de presse
Retrouvez dans le dossier de presse les principaux enseignements du projet, les chiffres clés, les ressources disponibles ainsi que les contacts presse.