Professeur des universités en sciences économiques, sociologue et chercheur, Guillaume Vallet rejoint le Comité scientifique et éthique de la Fondation APRIL.
À travers ses travaux pluridisciplinaires, il explore les mécanismes économiques, sociaux et culturels qui influencent les comportements individuels et collectifs. Son expertise contribuera à nourrir les réflexions de la Fondation sur les enjeux de santé, de prévention et d’évolution des modes de vie.
Comprendre la société à travers le prisme de l’économie et de la sociologie
Titulaire d’un doctorat en sciences économiques, d’un second doctorat en sociologie et d’une habilitation à diriger des recherches, Guillaume Vallet développe une approche originale qui croise plusieurs disciplines pour analyser les grandes évolutions de nos sociétés.
Ses recherches portent notamment sur les inégalités, les représentations sociales, les questions de genre, le rapport au corps et les transformations des modes de vie contemporains.
« La complexité du monde socio-économique, comme de l’humain, nécessite de se donner les moyens scientifiques de penser cette complexité. Pour cette raison, j’ai toujours cherché à mobiliser l’économie et la sociologie dans mes travaux, en considérant que cette fertilisation croisée permet un regard profond et puissant sur les comportements humains. Si l’économie amène à s’interroger sur les déterminants systémiques comme individuels de la production, de la circulation et la distribution des ressources, la sociologie resitue les prises de décision individuelles dans des contextes socio-culturels particuliers, en prenant en considération l’influence des structures sociales comme des institutions ».
Comprendre les évolutions de la société pour renforcer l’impact de la prévention
Dans le domaine de la prévention et de la promotion de la santé, les comportements ne se résument pas à des choix individuels.
Ils s’inscrivent dans des environnements sociaux, culturels et économiques qui influencent les habitudes, les représentations et les possibilités d’action.
Les travaux de Guillaume Vallet invitent ainsi à mieux comprendre ces déterminants pour concevoir des actions de prévention plus pertinentes, plus inclusives et plus durables.
Le corps comme miroir des évolutions de notre société
Parmi ses travaux les plus marquants, Guillaume Vallet s’est intéressé à un phénomène en pleine expansion : la place croissante accordée au corps et à sa transformation dans nos sociétés contemporaines.
Dans son ouvrage La Fabrique du muscle, il analyse les ressorts sociaux, psychologiques et économiques qui alimentent la quête d’un corps performant et valorisé.
À travers l’étude du bodybuilding et des pratiques de renforcement musculaire, il montre que cette recherche ne relève pas seulement d’une préoccupation esthétique. Dans un contexte marqué par l’incertitude et le sentiment de vulnérabilité, le corps devient un espace où chacun cherche à reprendre le contrôle, construire son identité et gagner en reconnaissance sociale.
Cette analyse éclaire des enjeux qui dépassent largement le seul univers du sport. À l’heure où les réseaux sociaux exposent en permanence des modèles de réussite, de performance ou d’apparence physique, ces travaux permettent également de mieux comprendre les mécanismes qui influencent les aspirations, les comportements et le bien-être des jeunes.
« Pour moi, le corps est encastré dans le système économique dans lequel on vit, lié à ses valeurs, ses normes, ses principes. Le corps est à la fois le reflet comme le véhicule de ce système. Dans la période actuelle que je qualifie de « capitalisme des vulnérabilités », le corps est devenu la ressource première et ultime que les individus cherchent à valoriser pour répondre aux vulnérabilités produites par le système (financières, sanitaires, conflictuelles, environnementales). Le corps demeure ainsi aujourd’hui le dernier espace à conquérir, dans le sens où ses frontières internes comme externes semblent toujours extensibles ».
Un engagement au sein du Comité scientifique et éthique de la Fondation APRIL
En rejoignant le Comité scientifique et éthique de la Fondation APRIL, Guillaume Vallet contribuera à enrichir la compréhension des transformations sociales qui façonnent les comportements de santé, et à renforcer l’ancrage scientifique des projets soutenus par la Fondation
« Rejoindre le Comité scientifique et éthique de la Fondation APRIL représente un honneur pour moi, tant mes valeurs sont en adéquation avec celles portées par la Fondation : par ses activités et l’engagement de ses équipes, la Fondation APRIL participe à l’amélioration du bien commun en construisant une culture partagée de la promotion de la santé, en se situant au plus proche des individus. Ainsi, faire en sorte que mes travaux et recherches participent à cette dynamique seront au cœur de mon engagement ».